Vivre avec...
Une personne apprend qu'elle a un cancer et l'ensemble de la famille entre en "maladie".
Le cancer est souvent une maladie longue et pénible qui bouleverse les relations entre conjoints, entre parents et enfants, entre frères et sœurs, avec les amis et les collègues. La fuite, la surprotection dans l'épreuve, etc... Chaque personne confrontée de près ou de loin à la maladie réagit différemment. Le malade a peur d'être une charge, les proches se sentent souvent désarmés, inexpérimentés et quelques fois épuisés. Le soutien des proches est essentiel. Il représente la vie qui continue à côté de la prise en charge médicale. Vous trouverez dans cette rubrique des conseils pour les proches de malades. Ils sont donnés par des psychologues, des personnes malades ou des proches qui ont traversé la même épreuve sans que rien ne puisse faire figure de règle à tenir.
Je me souviens de ce jour, comme si c’était hier, quand j’ai accompagné ma mère à la clinique. Nous avions bon espoir et espérions entendre: "Tout va bien c’était une tumeur bénigne… " Ma mère est entrée seule dans le cabinet du médecin. Je fulminais sur mon siège, je croisais les doigts, priais, et priais encore… Je vous en supplie mon dieu faîtes que tout aille bien. Faites que ma maman ne soit pas malade…
En sortant du cabinet du médecin, ma mère essayait de faire face et d’encaisser tant bien que mal cette nouvelle. Malgré son teint pâle et son regard ailleurs, je n’ai pas compris immédiatement. Elle s’est assis sur un siège dans le hall de la clinique, je restais à accroupi face à elle, ses mains dans les miennes et soudain ses yeux la trahir en s’emplissant de larmes et elle me dit cette phrase qui reste gravée dans ma mémoire, c’est un cancer… J’essayais de rester stoïque, ne pas lui montrer que j’avais mal, que j’avais peur… Tel un pavé qui tombe dans une marre... j’ai ressenti ce sentiment ou l’on a l'impression que sa vie bascule. Je fus envahi par des milliers de questions…
Je ne peux pas savoir ce que ressentait exactement ma mère, elle était là essayant de rester calme, de ne pas pleurer, de ne pas craquer. Pourquoi dit-on c’était le plus beau jour de ma vie et jamais c’était le pire jour de toute ma vie ? S’en sont suivi des heures, des jours, des mois et des années douloureuses. Toute une flopée de mots aussi difficiles à épeler qu’à subir… Chimiothérapie, Radiothérapie, Métastases… Aujourd’hui je sais que le pire jour de ma vie, fût le 17 novembre 2003. Le jour où ma mère est partie rejoindre ses parents… Depuis je ne cesse de répéter l’introduction de cette chanson :
Ce n'est jamais qu'une histoire, comme celle de milliers de gens ; mais voilà c'est mon histoire, et bien sûr c'est différent. On essaie, on croit pouvoir, oublier avec le temps… On n'oublie jamais rien, on vit avec…
Alors je me suis dis, pourquoi ne pas apporter aux autres, une aide, un soutien, un lieu pour discuter avec d'autres personnes atteintes d'un cancer, pour partager ses expériences, avoir un peu de chaleur, de réconfort et surtout ne pas être jugé…
Même si cela peut paraître déplacé, il vous faudra trouver la force d'envisager le pire et d'en parler. Au cas où... Livrez vos secrets de famille, videz votre sac et/ou votre coeur... Soyez heureux et n'hésitez pas à dire à vos proches que vous les aimez...:59:Dernière mise à jour de cette page le 10/07/2005